La vente au poids est au cœur du quotidien des métiers de bouche : bouchers, charcutiers, poissonniers, fromagers, chocolatiers, traiteurs, primeurs ou épiciers spécialisés.
Mais vendre au poids ne consiste pas seulement à peser un produit et à l'encaisser. En France, le commerçant doit respecter plusieurs obligations : information claire du consommateur, prix exprimé en euros TTC, indication du prix à l'unité de mesure, utilisation correcte de la balance, exclusion du poids non négligeable de l'emballage, respect des règles d'étiquetage alimentaire et, selon les cas, mentions liées aux lots, DLC, allergènes ou produits préemballés.
Ce guide s'inscrit dans la réglementation métiers de bouche et traite aussi de l'étiquetage produits alimentaires, avec un accent sur la réglementation vente au poids France 2026. Il fait le point, à date de mai 2026, sur les règles à connaître pour vendre au poids en conformité dans un commerce alimentaire.
Note importante : cet article est une synthèse documentaire à vocation informative. Il ne remplace pas un conseil juridique, un audit réglementaire ou une consultation auprès de la DGCCRF, d'un avocat ou d'un organisme compétent.
1. Le consommateur doit connaître le prix avant d'acheter
En France, le Code de la consommation, article L112-1, impose au vendeur d'informer le consommateur sur les prix et les conditions particulières de vente par marquage, étiquetage, affichage ou tout autre procédé approprié.
Pour un commerce de bouche, cela signifie que le client doit pouvoir connaître le prix du produit avant l'achat. L'information doit être lisible, compréhensible et non ambiguë. En pratique, pour une vente au poids, il faut distinguer le prix à l'unité de mesure, le plus souvent le prix au kilogramme, et le prix final à payer, calculé après pesée.
2. Le prix au kilogramme est central
Pour les produits vendus au poids, l'information essentielle est le prix au kilogramme, ou dans certains cas le prix à une autre unité de mesure pertinente. La DGCCRF rappelle qu'en plus du prix de vente, le consommateur doit être informé du prix à l'unité de mesure, par exemple le prix au kilogramme ou au litre, accompagné de l'unité de mesure.
Cette règle concerne notamment une pièce de viande vendue au kilo, du jambon tranché, du poisson, des fruits de mer, du fromage, des préparations traiteur vendues au poids, des chocolats vendus au poids ou des produits en vrac.
Le prix au kilo obligatoire doit être clairement visible avant l'achat, que ce soit sur une étiquette, une affichette, un tableau de prix, un écran ou un support équivalent.
3. Le prix doit être exprimé en euros TTC
Le prix affiché au consommateur doit être un prix toutes taxes comprises. Cette obligation vaut quelle que soit la forme de vente : magasin, vente à distance, vente hors établissement, foire, marché ou plein air.
Exemple conforme : Saumon - 29,90 € / kg TTC. Exemple à éviter : Saumon - 24,92 € HT / kg.
4. La balance doit permettre au client de lire la pesée
La vente au poids repose sur un instrument de mesure. Lorsque la balance est utilisée pour la vente directe au public, elle doit être installée de manière à ce que le consommateur puisse lire facilement le résultat de la pesée et, le cas échéant, les indications de prix. Cette exigence figure dans l'arrêté du 26 mai 2004 relatif aux instruments de pesage à fonctionnement non automatique en service.
En pratique, le client doit pouvoir vérifier le poids pesé, éventuellement le prix au kilo, éventuellement le prix calculé, et que la balance est bien à zéro avant la pesée selon la configuration du matériel. L'utilisation d'une balance commerce alimentaire homologuée et entretenue facilite cette transparence.
5. Le client ne doit pas payer le poids de l'emballage
La question de la tare est essentielle. Lorsqu'un produit est vendu au poids, le client doit payer la marchandise, pas l'emballage. La quantité nette correspond à la quantité du seul produit acheté, sans le poids de l'emballage.
En pratique, si l'emballage est significatif, il faut utiliser la tare. La balance doit permettre de retirer le poids de l'emballage, les équipes doivent être formées à tarer correctement, et les emballages lourds, barquettes, contenants réutilisables ou plateaux doivent faire l'objet d'une vigilance particulière.
Pensez à intégrer la tare emballage vente au poids dans vos procédures, surtout pour les poissonniers, traiteurs, charcutiers et chocolatiers qui utilisent des barquettes, boîtes, plateaux ou coffrets.
6. Produits non préemballés : informations proches du produit
Les denrées non préemballées sont les produits présentés sans emballage à la vente, emballés à la demande du client au moment de l'achat, ou préemballés en vue de la vente immédiate.
Le décret du 17 avril 2015 précise que, pour les denrées alimentaires non préemballées, la dénomination et les mentions obligatoires doivent être indiquées sur la denrée elle-même ou à proximité, de manière à éviter toute incertitude sur le produit concerné.
Exemples pratiques : une étiquette devant chaque viande en vitrine, une affichette pour chaque poisson, un tableau clair des prix au kilo en boucherie, une étiquette produit pour chaque préparation traiteur ou un affichage distinct pour les chocolats vendus au poids.
7. Produits préemballés : quantité nette, prix et étiquetage complet
Un produit est considéré comme préemballé lorsqu'il a été conditionné hors de la présence de l'acheteur dans un emballage qui le recouvre totalement ou partiellement, de telle sorte que la quantité ne puisse pas être modifiée sans ouverture ou modification décelable. Cette définition figure dans le décret n°78-166 du 31 janvier 1978.
Pour les produits alimentaires préemballés, les règles d'étiquetage sont plus complètes. L'étiquetage doit être clair, précis, visible, lisible, rédigé au moins en français, loyal et non trompeur. Les mentions obligatoires incluent notamment la dénomination de vente, la liste des ingrédients, la déclaration nutritionnelle, la quantité nette ou encore la date limite de consommation ou date de durabilité minimale, selon le produit.
Dans les métiers de bouche, cela concerne des barquettes préparées à l'avance, plats traiteur conditionnés, chocolats en sachets ou boîtes préremplies, produits de charcuterie emballés avant la vente ou produits frais mis en libre-service.
8. Préemballés vendus à l'unité de mesure : prix, quantité nette et prix correspondant
L'arrêté du 16 novembre 1999 prévoit, pour certains produits préemballés exposés pour la vente au détail à emporter, des obligations particulières de publicité des prix. Les produits concernés doivent être munis d'une étiquette indiquant le prix de vente à l'unité de mesure, la quantité nette délivrée et le prix de vente correspondant.
Exemple conforme pour une barquette : Salade piémontaise - 18,90 € / kg - poids net 0,350 kg - prix 6,62 €. L'enjeu est d'éviter toute confusion entre le prix au kilo, la quantité réellement vendue et le prix final.
9. Cas particulier : viandes de boucherie et charcuterie
Les viandes de boucherie et de charcuterie font l'objet de règles spécifiques en matière de publicité des prix. L'arrêté du 18 mars 1993 prévoit que l'information du consommateur sur les prix consiste à indiquer le prix au kilogramme en regard des dénominations usuelles prévues par l'arrêté.
Pour une boucherie ou une charcuterie, le prix au kilo ne doit donc pas être affiché de manière vague. Il doit être associé à une dénomination claire du produit ou du morceau concerné. Faux-filet de bœuf - 32,90 € / kg est plus clair que Viande rouge - 32,90 € / kg.
10. Poissonnerie : attention aux cas particuliers de quantité
La réglementation prévoit des adaptations pour certains produits de la mer. Lorsque l'indication de la quantité est prévue, elle est exprimée en quantité nette. Toutefois, les huîtres peuvent être exprimées en nombre d'unités avec indication du calibre, et les moules en coquille, préparées ou non, peuvent dans certains cas être exprimées en unité de volume.
Pour une poissonnerie, il faut distinguer les poissons, filets, crustacés ou préparations vendus au poids, les huîtres vendues à l'unité ou à la douzaine avec calibre, les moules pouvant être exprimées en volume et les plateaux de fruits de mer qui peuvent combiner plusieurs modes de présentation.
11. Les lots : une mention obligatoire pour les denrées alimentaires
La traçabilité ne relève pas uniquement de la bonne pratique : une denrée alimentaire doit être accompagnée d'une mention permettant d'identifier le lot auquel elle appartient. Le Code de la consommation, article R412-3, définit le lot comme un ensemble d'unités de vente produites, fabriquées ou conditionnées dans des circonstances pratiquement identiques.
La mention de lot est précédée de la lettre "L", sauf si elle se distingue clairement des autres mentions d'étiquetage. Lorsque la DDM ou la DLC figure avec au moins le jour et le mois, le lot peut ne pas être indiqué séparément. Pour les produits non préemballés, l'article R412-5 prévoit que la mention figure sur l'emballage, le récipient ou les documents commerciaux s'y référant.
12. DLC dépassée : interdiction de vendre les denrées concernées
Pour les produits comportant une date limite de consommation, la règle est stricte. L'article R412-9 du Code de la consommation interdit la détention en vue de la vente, la mise en vente, la vente ou la distribution gratuite de denrées alimentaires comportant une DLC dépassée.
Cela concerne directement les charcuteries-traiteurs, poissonneries, boucheries, plats cuisinés, pâtisseries fraîches, produits frais emballés et préparations vendues en vitrine réfrigérée.
13. Allergènes : l'information est obligatoire, y compris pour le non préemballé
Le règlement européen n°1169/2011, dit règlement INCO, encadre l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Pour les denrées non préemballées, le décret du 17 avril 2015 précise les modalités d'information relatives à la présence de certains produits provoquant allergies ou intolérances, ainsi qu'à la dénomination de vente.
Un commerce de bouche doit donc être capable d'informer le client sur la présence d'allergènes dans les produits vendus au poids au comptoir : préparation traiteur contenant du lait, de l'œuf, du gluten ou de la moutarde, chocolat contenant des fruits à coque, du lait ou du soja, charcuterie contenant des sulfites, produit pané contenant du gluten, sauce ou marinade contenant des allergènes.
14. Balance, caisse et ticket : ce que le logiciel doit sécuriser
La réglementation n'impose pas seulement d'avoir une balance. Elle impose surtout que l'information donnée au consommateur soit correcte, lisible et cohérente.
Dans un commerce de bouche, un logiciel de caisse adapté à la vente au poids doit aider à sécuriser plusieurs points : article correctement nommé, prix au kilo à jour, poids transmis sans erreur, tare appliquée si nécessaire, prix final calculé automatiquement, ticket cohérent avec la vente, étiquetage clair, historique de vente disponible et informations produit correctement paramétrées.
ARTIPOS, en tant que solution pour les métiers de bouche, doit être vu comme un outil opérationnel qui aide les commerçants à appliquer plus facilement les bons gestes : peser, tarer, afficher, encaisser, étiqueter et tracer.
15. Sanctions possibles en cas de défaut d'information sur les prix
Les manquements aux règles d'information sur les prix peuvent donner lieu à une amende administrative. L'article L131-5 du Code de la consommation prévoit qu'un manquement aux dispositions de l'article L112-1 et aux arrêtés pris pour son application est passible d'une amende administrative pouvant aller jusqu'à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
D'autres manquements peuvent relever d'autres textes selon leur nature : tromperie, étiquetage alimentaire, DLC, traçabilité, allergènes ou instruments de mesure. Il faut donc éviter de réduire la conformité à un seul affichage de prix.
16. Checklist 2026 pour vendre au poids en conformité
Prix et affichage
- Le prix est affiché en euros TTC.
- Le prix au kilo est visible avant l'achat.
- Le prix affiché correspond bien au produit.
- Les produits similaires sont clairement distingués.
- Les promotions ne créent pas de confusion.
Pesée
- La balance est adaptée à la vente commerciale.
- Le client peut lire le poids et, si applicable, le prix.
- La tare est utilisée pour les emballages non négligeables.
- Les vendeurs savent tarer les contenants.
Étiquetage et alimentaire
- Les produits préemballés ont une étiquette complète.
- La quantité nette est indiquée lorsque nécessaire.
- Le prix au kilo, le poids net et le prix final sont cohérents.
- Les lots sont identifiables et les DLC sont suivies.
- Les allergènes sont connus et communiqués selon les règles applicables.
Organisation
- Les prix sont mis à jour dans la caisse et sur les supports physiques.
- Les tickets et étiquettes correspondent au produit vendu.
- Les historiques de vente sont conservés.
- Les procédures sont vérifiées régulièrement.
17. Bonnes pratiques par métier
Boucherie
Le point sensible est l'association entre dénomination précise du morceau et prix au kilo. À vérifier : tableau des prix lisible, prix au kilo par morceau, balance visible, tare papier ou barquette, lots et DLC pour les produits préparés, cohérence entre vitrine, caisse et ticket.
Charcuterie-traiteur
Les points sensibles sont les préparations maison, allergènes, DLC, lots et barquettes préemballées. À vérifier : allergènes connus pour chaque préparation, DLC suivies, poids net indiqué pour les produits préemballés, tare appliquée sur les contenants et prix au kilo clair.
Poissonnerie
Les points sensibles sont la fraîcheur, les produits vendus au poids, les plateaux et les exceptions liées à certains coquillages. À vérifier : prix au kilo visible, tare pour barquettes et plateaux, poids net clair, règles particulières pour huîtres et moules, traçabilité des lots et DLC.
Chocolaterie
Les points sensibles sont les coffrets, ballotins, chocolats en vrac, allergènes et produits préemballés. À vérifier : prix au kilo des chocolats vendus au poids, poids net des boîtes préremplies, allergènes, distinction entre coffret vendu à prix fixe et produit vendu au poids, étiquetage complet des produits préemballés.
18. Ce qu'ARTIPOS peut apporter aux métiers de bouche
La réglementation demande de la rigueur. Mais au quotidien, la difficulté vient surtout de la répétition des gestes : peser, tarer, choisir le bon produit, appliquer le bon prix, éditer la bonne étiquette, suivre les lots, retrouver les commandes et encaisser rapidement.
Une solution de caisse pensée pour les métiers de bouche peut aider à réduire les erreurs en centralisant les prix au kilo, les familles de produits, la connexion balance, l'application de la tare, l'impression d'étiquettes, les tickets de caisse, les stocks, les commandes, les historiques de vente et les informations produits.
Pour un commerçant, l'objectif n'est pas seulement de faire joli en caisse. C'est de fiabiliser le passage de la vitrine à la balance, puis de la balance au ticket.
Foire aux questions
Q&A complémentaire
Les mêmes règles de vente au poids s'appliquent-elles sur les marchés, foires ou en vente hors établissement ?
Oui. L'information sur les prix est obligatoire quelle que soit la forme de vente. Le prix doit être affiché en euros TTC, le prix à l'unité de mesure doit être visible avant l'achat, et la balance utilisée pour la vente directe doit permettre au client de lire facilement le poids.
Dans quels cas peut-on se dispenser d'indiquer le numéro de lot sur une denrée alimentaire ?
Lorsque la date de durabilité minimale ou la date limite de consommation figure avec au moins le jour et le mois, la mention du lot peut ne pas être indiquée séparément.
Que doit afficher l'étiquette d'une barquette préemballée à poids variable exposée à la vente à emporter ?
Elle doit indiquer simultanément le prix de vente à l'unité de mesure, la quantité nette délivrée et le prix de vente correspondant.
Comment gérer un plateau de fruits de mer ou un coffret de chocolats pour rester conforme ?
Il faut distinguer le mode de vente. S'il est vendu au poids, affichez le prix au kilo, tarez l'emballage ou le plateau, et faites apparaître le poids net et le prix calculé. S'il s'agit d'un produit préemballé vendu à prix fixe, appliquez les règles d'étiquetage des préemballés.
Quels éléments conserver ou paramétrer pour démontrer sa conformité lors d'un contrôle ?
Des affichages lisibles et à jour, une balance adaptée et lisible côté client, des tickets et étiquettes cohérents avec la vente, la traçabilité, les lots, les DLC/DDM, les historiques de vente et des procédures internes sur la tare, les noms produits et les allergènes.
Conclusion
En 2026, la vente au poids reste un geste commercial simple en apparence, mais très encadré dans les faits. Le commerçant doit informer clairement le consommateur, afficher le prix au kilo, vendre au poids net, utiliser une balance lisible par le client, respecter les obligations d'étiquetage et assurer la traçabilité des denrées alimentaires.
Pour les métiers de bouche, l'enjeu est double : être conforme et rester rapide au comptoir. Avec une solution de caisse adaptée, connectée à la balance et pensée pour l'étiquetage, les stocks et les commandes, les commerçants peuvent gagner du temps tout en sécurisant leurs opérations quotidiennes.
En résumé : vente au poids réglementation et affichage des prix doivent rester clairs et cohérents au quotidien. ARTIPOS accompagne les métiers de bouche avec une caisse conçue pour la vente au poids, la balance connectée, l'étiquetage, les stocks et le pilotage de l'activité.
Sécurisez la vente au poids dans votre commerce
Découvrez comment ARTIPOS relie caisse, balance, tare, étiquetage, stocks et commandes pour les métiers de bouche.


